Fluvial - Février 2022

de petits personnages de papier à animer d’une bou- gie qui représentent des figures historiques de Joigny. Les yeux pétillants de malice, il nous présente un bonhomme qui se lave les pieds dans l’Yonne sur l’in- jonction de la comtesse Gertrude, qui ne supportait pas que les seigneurs sentent mauvais. Les pieds en ques- tion, qui s’agitent drôlement, sont ses doigts glissés dans 2 trous. « Les loupiotes, c’est ma danseuse », nous confie P. Cécile. Ce maître d’art brodeur et ornema - niste restaure et reconstitue des mobiliers brodés des palais et des châteaux. Au bas de la rue, un petit person- nage de bois, sans doute un saint, apparaît, récemment découvert dans la niche d’un mur en travaux. Dernières emplettes et prise en main de Saint Valéry Nous voici face au pont St-Nicolas sur l’Yonne, qui était emprunté par la RN 6 avant la construction de l’auto- route du Soleil. Pour commémorer les embouteillages récurrents et revivre les départs en vacances d’antan, bagages sur le toit et caravanes à la traîne, la ville fête, chaque 1 er week-end de septembre “Les bouchons de Joigny” : des centaines d’autos de collection d’avant 1969 partent à l’assaut du pont en faisant chauffer les klaxons. Marcel et robe à pois sont de rigueur. Bien avant le temps de la RN 6, le pont voyait passer les bateaux qui emportaient bois et vin vers Paris. Le port aux vins était en rive droite, le port aux bois en rive gauche, nous précise notre guide. Toute cette activité batelière a disparu avec l’arrivée du train. Non loin du pont, le marché, joyeux et coloré, bat son plein sous la grande halle. Pascal et Christel Le Roux proposent plus de 150 fromages. Ils sont également les affineurs de spécia - lités locales comme le soumaintrain (Indication géographique protégée), un fromage de vache à pâte molle et croûte lavée de couleur orange. Après un repas en ter- rasse face au marché, nous rejoignons la base Loca- boat. Jointe par téléphone quelques jours avant le début de notre croisière, Natalija Cannici, hôtesse d’accueil, nous donne rendez- vous à 14 h. Après les formalités, elle consacre plus d’une demi-heure à suivre notre trajet avec nous sur la carte fluviale. « Là, attention au banc de sable, res- tez bien au centre. Là, il y a des bornes, mais il n’y a plus ni eau ni électricité. Là, un client a cassé un bateau sur un escalier qui était sous l’eau, il vaut mieux ne pas s’amarrer sur ce tronçon. » Pour la 1 re fois, un loueur nous parle des dangers potentiels. Loin de m’inquié- ter, cela me rassure. Je connais les dangers, je saurai donc les éviter. Natalija nous demande de ne char- ger notre bateau, qui a été entièrement désinfecté, qu’après l’instruction, qui ne pourra être délivrée qu’à 2 personnes, toujours par mesure sanitaire. Ce sera Basile et moi. Michel Stevic, responsable technique de la base, nous explique les petits secrets du bateau construit en 1999. Là, c’est le tableau électrique, là Le port de Joigny À Joigny (Yonne), le port des Maillotins est géré par le loueur Locaboat. Il offre 28 places. Les pontons sont équipés de bornes eau et électricité pour des bateaux jusqu’à 15 m de long. Douches, toilettes, laverie et wifi sont disponibles à la capitainerie. 1 - Philippe Cécile fabrique des loupiotes en papier à l’effigie de personnages célèbres de Joigny. 2 - Le marché couvert, sous la halle de Joigny. CROISIÈRE 1 2 De g. à dr., Cyril Fernandez, chef de base, Natalija Canneci, hôtesse d’accueil, et Michel Stevic, responsable technique. 54 Fluvial n° 319

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