
Les problèmes de fonctionnement du pont-rail-tournant des écluses continuent de défrayer la chronique à Bordeaux. Il est toujours impossible d'aligner automatiquement les rails à chaque fermeture du pont (
cf Murmure du 6/09/10). Alors, en désespoir de cause, il a été décidé de remplacer (provisoirement ?) les capteurs défaillants par treize (!) employés équipés de réglettes. Le ballet des vérificateurs se déploie à chaque fermeture pour mesurer l'alignement (
pas plus d'un millimètre d'écart, précise Ouest-France), grâce à quoi les tramways, interdits de passage depuis 6 mois, peuvent à nouveau franchir l'ouvrage.

Le Président de la Communauté urbaine de Bordeaux, Vincent Feltesse, s'en est excusé en rappelant aux journalistes que ce pont-tournant, si délicat à régler, était "
unique en France et même en Europe". Et bien c'est faux, en tout cas pour la France. Nous connaissons au moins trois ponts-rails-mobiles plus anciens au dessus de nos canaux :

- le
pont-rail-levant de Béziers, qui a été remis en service en 2007 après 40 ans d'abandon. Il assure au-dessus du canal du midi une liaison ferroviaire entre la gare de triage de Béziers et les établissements Cameron ;
- le
pont-rail-tournant de Redon qui n'est plus en fonction depuis bien longtemps et qui a été démonté en vue (on l'espère) de sa réhabilitation.
- le
pont-rail-tournant de Caronte qui fait franchir le canal de Caronte, sur la commune de Martigues, à la ligne SNCF à double voie entre Miramas et L'Estaque. Son tablier est à plus de vingt mètres de haut. Il ne tourne que pour laisser passer les grands cargos et les voiliers.
NOTE => Et en voici un quatrième que nous rappelle Henri Voltolin : le pont-rail-tournant d'Aigues-Morte. Il pivote de 90° pour permettre à sa voie unique d'enjamber le canal du Rhône à Sète et de desservir la gare du Grau-du-Roi.